L'événement honeggerien

Parution du CD Christian Poltéra plays Arthur Honegger

Il contient :

– Concerto pour violoncelle et orchestre
– Sonate pour violoncelle et piano
– Sonatine pour violoncelle et piano
– Sonate pour violon et violoncelle

Interprètes :

– Christian Poltéra, violoncelle
– Orchestre symphonique de Malmö, dir. Tuomas Ollila-Hannikainen
– Kathryn Stott, piano
– Christian Tetzlaff, violon

 

Diapason d'or, décembre 2007 :

"La Sonate et la Sonatine pour violoncelle, en dépit de leurs divagations harmoniques pleines de saveurs, s'épanouissent dans un cadre formel tiré au cordeau, avec de belles idées mélodiques rondement menées et solidement architecturées. L'archet rêveur de Poltéra, le piano calibré et attentif de Kathryn Stott s'y coulent avec un bonheur évident, engagés dans un dialogue plein d'ardeur et d'accents mais toujours pudiques. On songe plus d'une fois à Ravel et, dans la Sonatine pour violon et violoncelle (où il est rejoint par un autre excellent chambriste, Christian Tetzlaff), à Stravinsky. Ces deux parentés sont plus manifestes encore dans le sublime concerto dédié par le compositeur à Maurice Maréchal, un divertissement d'à peine plus d'un quart d'heure qui n'est que charme et tendresse.
[…]
Nos compliments à Tuomas Ollila-Hannikainen pour la respiration et les raffinements de la trame orchestrale, au sein de laquelle Poltéra se fond avec une exemplaire discrétion, notamment dans le Lento, aux allures de symphonie concertante. Une pure merveille"

François Laurent
Diapason

Poltéra plays Arthur Honegger, Bis 1617, distr. Codaex, 2007.





Sortie du DVD de Jeanne d'Arc au bûcher
d’Arthur Honegger

"Prendre les choses de haut, c'est aussi l'impératif du spectacle de Jean-Paul Scarpitta, metteur en scène habité de cet oratorio singulier, mariant parole théâtrale et chant lyrique, charivari symphonique et mystère médiéval. Sa règle ? Jouer la compassion. Compassion bourrue pour le Dominique ardent et rugueux d'Eric Ruf, parole de bure et regard de braise. Compassion militante pour la Jeanne extravertie de Sylvie Testud, aussi allumée que son bûcher. Quant au jeune chef Alain Altinoglu, sa direction attentive attise l'âpreté carillonnante de la musique d'Arthur Honegger."

Gilles Macassar
Extrait du site telerama.fr

Jeanne d'Arc au bûcher, une production du Festival de Radio France et Montpellier 2006,
dir. mus. Alain Altinoglu, mise en scène Jean-Paul Scarpitta.










Publication de la Correspondance musicale de Paul Claudel

Si l’on connaissait, depuis longtemps, les lettres que Paul Claudel a échangées avec Darius Milhaud, il n’en était pas de même des autres correspondances du poète avec des musiciens. Or, tout au long de sa vie, Claudel a été sollicité par des compositeurs : Florent Schmitt qui, en 1909, a imaginé un projet d’opéra sur Tête d’Or, puis, en 1922, Jacques Benoist-Méchin sur La Ville. En 1927, la rencontre avec Germaine Tailleferre est à l’origine de la réalisation d’une musique de scène pour Sous le rempart d’Athènes, tandis qu’un déjeuner avec Edgar Varèse aurait dû déboucher sur une collaboration inattendue. En 1934, le compositeur allemand Walter Braunfels écrit un opéra sur L’Annonce faite à Marie. Surtout, sous l’égide d’Ida Rubinstein, naît la même année la collaboration avec Arthur Honegger, considérable par l’importance et la qualité des œuvres produites : Jeanne d’Arc au bûcher, La Danse des morts, et la musique du Soulier de satin mis en scène par Jean-Louis Barrault en 1943. En 1938, la même mécène tente de réunir Claudel et Strawinsky sur un projet commun finalement abandonné. Enfin, en 1953, le poète reçoit une commande de l’Unesco qui l’amène à collaborer avec Paul Hindemith pour un Cantique de l’Espérance, bientôt inséré au sein d’une Suite lyrique en trois parties. À cela s’ajoute la correspondance poursuivie avec Joseph Samson, maître de chapelle de la Cathédrale de Dijon, mais aussi compositeur et critique littéraire.

Cet ouvrage rassemble ces différentes correspondances, pour la plupart jusque-là inédites. Elles permettent de pénétrer au sein du travail de collaboration entre l’écrivain et ses musiciens, de suivre l’histoire de ces œuvres, mais aussi de découvrir la pensée musicale de Claudel, étonnamment moderne et originale.

Paul Claudel, correspondance musicale, réunie, présentée et annotée par Pascal Lécroart, Genève,
Editions Papillon, « 7e note », 2007.








Publication chez Salabert de Deux Pièces pour flûte,
harpe et cordes

Salabert a réuni dans cette partition :

Prélude et postlude pour L'Ombre de la ravine
Introduction et danse

Arthur Honegger, Deux Pièces pour flûte, harpe et cordes, Paris, Editions Salabert, 1992.
















Publication chez Salabert des oeuvres pour violon

Salabert a réuni dans cette partition :

Sonate n°1, pour violon et piano
Sonate n°1, note éditoriale
Sonate n°2, pour violon et piano
Sonate n°2, note éditoriale
Arioson pour violon et piano
Morceau de concours, pour violon et piano

Arthur Honegger, Oeuvres pour violon, Paris, Editions Salabert, 2005.














Publication d'une nouvelle biographie d’Arthur Honegger

Voici l'avant-propos de cette biographie due à Jacques Tchamkerten et éditée par Papillon ; il définit parfaitement la tonalité de cet ouvrage qui constitue une excellente entrée dans la vie et l'oeuvre du compositeur.


Ami lecteur,

Tu t’intéresses à Arthur Honegger et tu fais bien, car le génie de ce compositeur a donné à la musique quelques-unes des plus belles œuvres de tous les temps.

L’auteur de ce livre te doit un avertissement : si tu recherches un récit de la vie du musicien au jour le jour, une étude minutieuse de ses partitions ou encore des analyses exhaustives de celles-ci, alors passe ton chemin ! D’autres se sont livrés à ce travail avec ferveur et compétence, notamment Harry Halbreich dont les ouvrages, qui constituent les sources d’étude les plus approfondies consacrées à l’auteur du Roi David, seront à même de combler tes attentes.

En revanche, si tu souhaites te familiariser avec cet immense créateur, connaître son parcours durant les cinquante premières années, particulièrement troublées, du XXe siècle, ou encore te laisser guider – au moyen d’analyses succinctes – à travers quelques-unes de ses œuvres principales, alors ce volume est peut-être pour toi.

Si, au terme de sa lecture, il te semble que le monde d’Arthur Honegger t’est devenu plus proche, que l’art et le message du musicien t’apportent un enrichissement que tu ne soupçonnais pas, alors tu auras offert à l’auteur la plus belle des récompenses…




Arthur Honegger, Symphonie n° 3, "Symphonie liturgique",
arrangement pour deux pianos, Dimitri Chostakovitch

Achevée en 1946 dans l'immédiat après-guerre, la Symphonie liturgique  d'Honegger est une partition sombre et dramatique, dénonçant la brutalité et la barbarie des sociétés modernes, mais dont l'épilogue final laisse poindre, à travers le chant d'un oiseau, une lueur d'espoir.

Tout comme Honegger, Chostakovitch s'interroge avec angoisse sur la condition de l'homme dans le monde moderne. Aussi n'est-il pas étonnant de le voir concerné par la partition de son confrère. Chostakovitch était un maître incontesté de la symphonie du XXe siècle ainsi qu'un excellent pianiste. Il transcrivit pour deux pianos la Symphonie liturgique d'Honegger probablement en 1947, très peu de temps après l'achèvement de l'oeuvre originale.

Par le biais de cette transcription, le compositeur russe nous offre un éclairage particulier de la Symphonie liturgique, mettant en évidence avant tout son architecture magistrale.

Présentée ici en première mondiale, cette version pour deux pianos devrait s'imposer très rapidement au répertoire des duos pianistiques.


Texte: Gérald Hugon
Editions Salabert / BMG




Arthur Honegger. Lettres à ses parents (1914-1922)

Avant-propos

Arthur Honegger fut un épistolier prolifique et régulier, et sa très abondante correspondance, en grande partie préservée, demeure la source la plus essentielle pour l’établissement de sa biographie, vie et œuvre. En fait il appartient à l’une des dernières générations pour lesquelles cette source existe encore. Tout d’abord le téléphone a de plus en plus remplacé la lettre, voire – à Paris, tout au moins – le «pneumatique». Par chance, Honegger n’aimait pas le téléphone, s’en servait peu, y répondait moins encore. Plus récemment vinrent le fax et aujourd’hui l’e-mail. Les biographes du futur, en abordant nos contemporains, se verront de plus en plus privés de la source d’information inestimable que représente une vraie correspondance.
Celle d’Arthur Honegger, volumineuse et variée, s’adresse à un grand nombre de personnes: famille, amis personnels, artistes et collègues de diverses disciplines (dont plusieurs furent de grands amis eux aussi), éditeurs, organisateurs de concerts ou directeurs de théâtres, etc. Mais il se dégage de cette masse deux «blocs» d’une importance particulière. D’une part, voici les 130 lettres adressées par Honegger à ses parents durant les années 1914 à 1922, date de leur disparition prématurée : elles font l’objet de la présente publication. D’autre part, dès 1931, mais de façon régulière et continue à partir de 1936 seulement, et ne s’arrêtant qu’en 1954, un an avant la mort du compositeur, nous avons toutes les lettres adressées à Paul (et parfois Maja) Sacher, plus nombreuses encore et dont les réponses par chance existent également. Essentielles pour la dernière époque de sa vie et pour la genèse de ses œuvres de haute maturité à partir de Jeanne d’Arc au bûcher, elles feront l’objet d’une publication ultérieure. Pour les quelque douze années intermédiaires (1923-1935), nous sommes du coup moins bien documentés. Certes, les agendas du compositeur, en grande partie préservés, les articles de sa plume et surtout les interviews de plus en plus fréquentes qu’il accorda, les lettres de son épouse Andrée Vaurabourg, celles qu’il adressa à Werner Reinhart, son premier grand mécène et protecteur avant l’arrivée de Paul Sacher, enfin les témoignages de plus en plus fournis de ses premiers biographes (André George, Willy Tappolet, José Bruyr et Marcel Delannoy), prennent alors abondamment le relais, mais avec moins de régularité.

Note importante : Dans ses premières années (surtout 1914-1916), la correspondance comporte toute une série d’informations sur les nombreux amis de ses parents demeurés au Havre et dont la plupart, étrangers au milieu intellectuel ou artistique, ne sont plus pour nous que des noms. La majeure partie d’entre eux n’a pu être identifiée de manière précise. A partir de 1917, Honegger ne s’est que rarement rendu au Havre, et c’est alors que les informations sur sa propre carrière occupent graduellement la place la plus importante. Du point de vue de la succession chronologique, ces lettres sont datées pour la plupart par le compositeur lui-même ou sinon par des annotations de sa mère, destinataire de plus en plus fréquente, indiquant la date de réception, souvent assez tardive vu les aléas, censure et autres, de la première guerre mondiale. D’autres ont pu être situées grâce aux événements, presque toujours liés à la vie artistique, auxquels elles font allusion. Si certaines ne peuvent être datées au jour près, du moins leur ordre ne fait-il pas de doute. On constatera des lacunes dans le temps, parfois assez longues : elles ne sont pas dues à des pertes, mais presque toujours à des périodes que le compositeur a passées en Suisse auprès de ses parents, auxquels il n’avait donc pas besoin d’écrire. Mais pour le lecteur, un récit suivi est indispensable, et c’est la raison d’être de nos textes de liaison entre deux lettres ne se succédant pas de près. Ainsi, cette correspondance s’insère dans un récit suivi, que nous avons voulu aussi concis que possible.

Chaque lettre est accompagnée de notes, plus ou moins nombreuses ou développées selon les cas, donnant des précisions sur les personnes et les événements cités. Les indications d’ordre biographique apparaissent toujours à la première mention de la personne concernée, avec un renvoi approprié lors de leurs apparitions suivantes. Les notes font l’objet d’une numérotation séparée pour chaque lettre et sont soit dans la marge à la hauteur de leur appel soit à la fin de chacune d’elles. Les lettres elles-mêmes sont numérotées de 1 à 130 et en chiffres gras. Ainsi 96 renvoie à la note 6 de la lettre 9.

En fin de volume, on trouvera un tableau chronologique des œuvres composées par Honegger durant la période couverte par cette correspondance, mais précédées des rares œuvres antérieures. Au total ce tableau contient les numéros 1 à 42 du catalogue (précédés de la lettre H pour Honegger… ou Halbreich) tel qu’il figure dans mes ouvrages publiés chez Fayard (1992) et chez Champion-Slatkine (1994). En outre, pour rendre le travail que voici de consultation rapide et pratique, il est suivi d’un index des noms propres cités et d’un index alphabétique des œuvres citées (celles d’Arthur Honegger seulement).

Cette publication enrichit notre connaissance de l’homme et de l’artiste d’une contribution essentielle, et même indispensable pour ses années d’études et toutes ses premières œuvres. Si elle ne couvre pas ses premières années d’apprentissage au Conservatoire de Paris, du moins commence-t-elle à l’époque où sa vocation de compositeur l’emporte définitivement sur celle de violoniste. La très importante lettre 17 du 28 avril 1915 marque à cet égard le tournant décisif. D’autre part, elle s’arrête peu après le triomphe du Roi David, étape non moins décisive dans sa carrière rapidement ascendante, pour englober encore une partition plus ardue, certes, comme en témoigne sa carrière difficile, mais tout aussi importante : Horace Victorieux.

La lacune la plus frappante et la plus inexplicable concerne la fondation du Groupe des Six en janvier 1920, à laquelle il n’est fait aucune allusion dans la lettre 76 qui normalement devrait en parler. Il y a là un vrai mystère, alors que le jeune compositeur informe toujours les siens des détails également plaisants et pittoresques, de sa carrière…

Plus des deux tiers de ces lettres (89 sur 130) sont adressées à ses deux parents, du moins jusqu’à la fin de 1920. Mais Honegger leur a toujours écrit individuellement à l’occasion de leurs anniversaires respectifs. Par contre, dès le début de la maladie qui devait emporter sa mère, soit à partir de janvier 1921, les missives s’adressèrent le plus souvent à elle seule (25 contre 11 aux deux parents). Après sa disparition, on ne trouve plus que deux lettres à son père : pendant les quelques mois durant lesquels il survécut, le compositeur se trouva fréquemment auprès de lui.

Voici comment se répartissent ces 130 lettres (nous avons regroupé sous un seul numéro, le 84, la très amusante séquence des 16 cartes postales de juillet 1920 décrivant dans le détail l’aventureux voyage en «auto» de Paris à Thononles-Bains, sa mère les avait déjà numérotées de I à XVI) :
1914 lettres 1-8 (8)
1915 lettres 9-24 (16)
1916 lettres 25-39 (15)
1917 lettres 40-52 (13)
1918 lettres 53-63 (11)
1919 lettres 64-75 (12)
1920 lettres 76-88 (13)
1921 lettres 89-124 (36)
1922 lettres 125-130 (6)
On sera frappé par la très grande régularité du nombre de lettres pour chaque année, sauf pour 1921, où la maladie de la mère explique leur soudain accroissement (du simple au triple), lequel reflète la genèse haletante du Roi David, alors que la quantité de lettres adressées aux deux parents demeure stable.

Madère, septembre 2003, Harry Halbreich